Un repas de fête s’articule le plus souvent autour de cinq temps : apéritif, entrée, plat principal, fromages, dessert. Voici comment composer chaque moment, en harmonie avec un cru choisi.
Apéritif : Gougères au comté & Brouilly
Pour lancer la soirée, rien de tel que des gougères dorées, soufflées et finement fromagées, que l’on croque avec un Brouilly frais. Ce vin, issu de sols granitiques et sableux, offre un fruit intense, souvent dominé par la cerise, la pêche de vigne, la prune. Servi autour de 12-13 °C, il réveille les papilles sans dominance tannique. Pour varier : fines tranches de rosette de Lyon ou boudin blanc de La Charcuterie Bobosse à Odenas, grande référence régionale (Source).
Entrée : Volaille fermière en salade tiède & Fleurie
Le Fleurie se distingue par sa tendresse, ses notes de pivoine, de fruits rouges et de framboise. Il fait merveille avec une salade tiède de volaille jaune et de petits légumes printaniers (asperges vertes, fèves, jeunes pousses). Le contraste entre la chair moelleuse du poulet et la fraîcheur du vin sublime la texture et la finesse du plat. On ajoute une vinaigrette légère au vinaigre de framboise pour rappeler le fruité du Fleurie.
Plat principal : Joues de bœuf confites au Moulin-à-Vent
La joue de bœuf confite au vin rouge impose un accord avec les crus puissants. Moulin-à-Vent, surnommé le « Seigneur du Beaujolais », impose ses épaules larges et ses tanins fondus après quelques années. Il s’exprime sur des arômes de fruits noirs et d’épices, parfois de roses fanées. Sa structure supporte les cuissons longues, les champignons, les oignons grelots et le lard fumé. En accompagnement : purée fine de patate douce ou polenta crémeuse.
Astuce de sommelier : ouvrir la bouteille deux heures à l’avance et la carafer pour révéler toute la richesse aromatique du Moulin-à-Vent.
Fromages du terroir & Morgon
Contrairement à l’usage qui veut souvent des blancs sur les fromages, le Morgon révèle toute sa gourmandise face aux pâtes cuites légèrement fruitées : Saint-Marcellin affiné, tomme fermière du Val de Saône, Délice de Bourgogne. Son côté charnu, ses arômes de cerise évoluant parfois vers des notes de kirsch, se marient idéalement avec la montée en intensité des fromages. Les amateurs avertis privilégieront un Morgon des “Côte du Py” pour son exceptionnel potentiel de garde et ses saveurs profondes (Source).
Dessert : Poires pochées au Saint-Amour, épices douces
Certains crus du Beaujolais savent aussi conclure en beauté. Le Saint-Amour, tendre et fruité, enveloppe à merveille une poire pochée, légèrement relevée de cannelle, étoile de badiane et grains de vanille. La fraîcheur du vin et la douceur épicée du fruit se répondent, créant une finale légère, raffinée et parfaite pour accompagner la dernière gorgée.