Vignes et horizons : itinéraires inspirants pour savourer les plus beaux paysages du Beaujolais

17/12/2025

S’échapper en Beaujolais : le vin, la vigne, le vertige du panorama

Le Beaujolais ne se livre jamais autant qu’à travers ses routes pentues, ses vallons dessinés au cordeau et ses villages perchés. Ici, arpenter les chemins panoramiques, c’est toucher du regard le travail patient des vignerons et le surgissement vibrant d’un patrimoine millénaire. Un paysage vivant, sans cesse renouvelé, où la vigne compose de véritables tableaux saisonniers, d’or en automne à l’émeraude éclatant du printemps.

Pour quiconque cherche à embrasser le Beaujolais dans toute sa diversité, voici un itinéraire de points de vue et de balades – des classiques incontournables aux sentiers secrets – pour contempler ces vignes qui couvrent près de 17 000 hectares (Inter Beaujolais).

La Route des Crêtes : un balcon sur les crus du nord Beaujolais

C’est le fil d’Ariane pour celui ou celle qui rêve de grands panoramas. La Route des Crêtes (officiellement D70) serpente de Beaujeu à Chiroubles sur près de 20 km, offrant à chaque virage un angle inédit sur les « côtes » du vignoble et les crus : les sommets du Beaujolais s’égrènent ici, au fil de villages emblématiques comme Villié-Morgon, Fleurie ou Juliénas.

  • Point de vue de la Madone de Fleurie : perchée à 425 mètres, la statue domine un océan de vignes. Par temps clair, la vue s’étend jusqu’aux Alpes et même, certains jours, au Mont Blanc. C’est ici que pousse l’un des crus les plus raffinés du Beaujolais. Au pied du monument, les bancs sont souvent occupés par des randonneurs, des photographes ou des familles du cru qui viennent saluer la lumière du soir.
  • Belvédère de Chiroubles : le secteur du « Balcon du Beaujolais » à Chiroubles culmine au-delà de 500 mètres et offre un panorama à 180° sur la vallée de la Saône, la chaîne des Alpes et le massif du Mont Blanc (qui n’est visible que par temps exceptionnellement dégagé).
  • Montagne de la Madone de la Roche (Fleurie/Corcelles) : un sentier accessible mène au sommet d’une colline séparant Fleurie et Corcelles-en-Beaujolais, lieu de récolte des fameuses pierres dorées. Les couleurs y flambent surtout en fin de journée.

La Route des Crêtes est également un haut-lieu de cyclotourisme : chaque été, près de 3000 cyclistes la parcourent, profitant des dénivelés sportifs (plus de 600 m cumulés) et de la convivialité qui règne dans les petites auberges de village (Source : Office de Tourisme du Beaujolais).

Les Monts du Beaujolais : sauvage, secret et spectaculaire

On imagine souvent le Beaujolais comme un patchwork régulier de parcelles alignées. Pourtant, à l’ouest, les Monts du Beaujolais dessinent des crêtes boisées, plus farouches, où les forêts de châtaigniers et de sapins laissent place, soudain, à des fenêtres ouvertes sur la vigne.

  • Le Mont Brouilly (484 m) : colline emblématique posée au cœur du vignoble, c’est sans doute le panorama le plus saisissant de tout le Beaujolais sud. Depuis la chapelle Notre-Dame-aux-Raisins, la vue cerne l’intégralité des crus, de Saint-Lager à Odenas. Un sentier pédagogique jalonné de panneaux permet de comprendre la géologie particulière de ce mont (sols de schiste bleu).
  • Le Col de la Croix Montmain (737 m) et le Col de Crie (622 m) : ces cols du Haut-Beaujolais, moins fréquentés, ouvrent la vue sur une mer de collines plantées de vigne, où le regard se perd jusqu’aux confins de la Bourgogne. Au printemps, la brume matinale y donne des airs de Toscane.

Dans ces secteurs, on croise encore quelques « cadoles » (petites cabanes de pierre sèches), vestiges des anciens vignerons qui y faisaient halte pour casser la croûte ou s’abriter lors des orages soudains. Un témoignage du lien intime entre la terre et ses hommes.

On s’arrête, on contemple : villages perchés et balcons naturels

Oingt, joyau des Pierres Dorées

Classé parmi les Plus Beaux Villages de France, Oingt offre une vue sans égal sur la vallée d’Azergues et la mosaïque de vignes autour de Theizé, Légny ou Cogny. La montée dans le dédale des ruelles débouche sur la tour donjon et son esplanade : un belvédère qui séduit chaque année près de 60 000 visiteurs (source : Tourisme Beaujolais).

  • Au printemps, entre le jaune des pierres et le vert tendre de la vigne, le contraste est saisissant.
  • Un détour par la table d’orientation permet d’identifier chaque cru et d’imaginer le cheminement du raisin, du coteau au chai.

Vaux-en-Beaujolais (Clochemerle), le théâtre du vignoble

Village rendu célèbre par le roman de Gabriel Chevallier, Vaux-en-Beaujolais domine l’Est lyonnais et les plans sauniers de la plaine de la Saône. Ici, la terrasse du café Clochemerle est prise d’assaut aux beaux jours : le panorama épouse les vignes serrées autour de la célèbre fontaine, immortalisée dans l’œuvre.

Saint-Amour et Juliénas : douceur panoramique du Beaujolais septentrional

  • Jeux de lumière au coucher du soleil sur les vignes et les forêts du Val de Saône.
  • Clochers et tuiles rouges se détachant sur le bleu de l’horizon.

Marcher autrement : idées d’itinéraires pédestres avec points de vue

Le Beaujolais regorge de sentiers balisés, dont certains sont labellisés « Balades Vertes » ou « Balcons du Beaujolais ». À pied, il est possible de multiplier les haltes panoramiques tout en accédant à des coins moins fréquentés.

  1. Circuit du Mont Brouilly (8 km, 2h30 – départ Saint-Lager)
    • Sentier serpentant à travers les parcelles, permettant l’accès à la chapelle, puis redescente dans les vignes de Brouilly et Côte de Brouilly.
    • En septembre, la rando se parfume de jus fraîchement pressé et les vendangeurs vous salueront volontiers.
  2. Parcours des chevreuils à Juliénas (9 km, 3h)
    • Marche vivifiante entre vignes âgées de cent ans et forêts, multipliant les échappées visuelles vers la vallée de la Saône et les villages alentours.
    • Bonus : passage à proximité d’anciennes « cadoles », ces abris typiques du Beaujolais.
  3. Le chemin des Crêtes de Vaux-en-Beaujolais (6 km, 2h)
    • Voir s’épanouir la mosaïque des crus du Beaujolais et profiter d’une halte dans un village chargé d’histoire viticole.

Ces chemins, balisés et accessibles aux familles, sont décrits sur les fiches rando du site Le Beaujolais et sur l’appli gratuite « Traces GPS ».

Points de vue insolites et petits secrets d’initiés 

  • La Croix de Rochefort à Theizé : moins fréquentée que les classiques, cette butte coiffée d’une croix de pierre offre la plus belle perspective sur le secteur des Pierres Dorées, au lever du soleil. À l’automne, on y guette les premières brumes qui nappent les vallées.
  • La terrasse du Château de Montmelas : lorsque le domaine ouvre ses portes, il offre, depuis sa terrasse, un paysage à couper le souffle, entre douces collines et patchwork de parcelles. Un cadre souvent utilisé par les artistes locaux pour des expositions éphémères.
  • Le Mâchon Panoramique : ces pique-niques géants organisés dans les vignes (au printemps et à l’automne) par certains domaines, permettent de goûter, verre en main, aux plus beaux points de vue tout en partageant des spécialités régionales. Renseignez-vous auprès de Destination Beaujolais pour les dates.

Lumières et saisons : quand admirer les panoramas du Beaujolais ?

Chaque saison métamorphose les paysages du Beaujolais :

  • Printemps : les jeunes pousses, les labours sombres et la floraison des haies mettent en valeur les lignes du vignoble.
  • Été : la lumière intense dorant les ceps, les soirs de canicule teintant les Brouilly de reflets orangés.
  • Automne : explosion de rouges, de jaunes et d’ors : la vigne flamboie et le moindre point haut devient un promontoire pour la photo.
  • Hiver : la nudité du paysage dessine la géométrie hypnotique des rangs de vignes, parfois sous le givre ou la neige.

Pour les photographes amateurs, le moment idéal : lever ou coucher du soleil au printemps ou pendant la « vendange tardive » d’octobre, où la lumière dorée accentue le relief du vignoble.

Panorama et patrimoine : quelques anecdotes du Beaujolais vu d’en haut

  • Le panorama depuis la Madone de Fleurie est l’un des rares à offrir une lecture continue du vignoble, du granit du nord (Saint-Amour, Juliénas), aux schistes (Côte de Brouilly), jusqu’aux argiles du sud (Pierres Dorées).
  • Certains villages, comme Salles-Arbuissonnas, recèlent des anciens pigeonniers qui, en servant de tour de guet, permettaient naguère de surveiller la maturité des raisins et d’anticiper les gelées tardives (source : Patrimoine Auvergne-Rhône-Alpes).
  • Le Mont Brouilly, avec sa chapelle construite en 1857 en mémoire des vignerons protégés de l’oïdium, attire chaque année en juillet le pèlerinage du Ban des Vendanges : un événement où la vigne, la vue et la convivialité se mêlent autour de la dégustation du premier jus pressé.

Cap sur une aventure panoramique au cœur du Beaujolais 

Arpenter les routes et sentiers panoramiques du Beaujolais, c’est bien plus que de contempler un territoire : c’est dialoguer avec une histoire, une nature, un art de vivre. De la Route des Crêtes aux ruelles d’Oingt, du balcon de Chiroubles au Mont Brouilly, les itinéraires ne manquent pas pour s’imprégner, en hauteur, de la magie du vignoble. Pour prolonger l’expérience, n’hésitez pas à pousser la porte d’un caveau, ou à participer à une balade vigneronne organisée (voir le calendrier de Beaujonomie). Chaque point de vue sera l’occasion d’un échange, d’un instant suspendu, où le Beaujolais dévoile toute sa dimension de terroir vivant.

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